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Histoire des poils

Histoires de poils

De quoi vais-je parler si je dis Portugaise, Frida Khalo, la naissance du monde ?

Oui, on va parler de poils, de zones de poils, ou de leur absence en fait. Pourquoi au juste maintenant les femmes s’astreignent à ôter tout alors que nos grand-mères gardaient leur pilosité aux jambes, pubis et aisselles ? La flemme, le coût d’une lame de rasoir ou le standard et injonction ?

Ca vous parle ou vous rebute… D’ailleurs, saviez-vous que les Portugaises en Amérique du Sud étaient fières de leur moustache pour être fières de ne pas avoir un sang terni par une lignée d’indigènes peu poilues ?

La lutte contre l’animal en nous

A l’origine de la suppression du poil, c’est unisexe, tout le monde y passe, surtout la haute société qui veut se rapprocher des dieux : on supprime notre lien à l’animal via le poil considéré impur comme le précise epil avec des premières pinces à épiler préhistoriques.

On dompte sa barbe, on devient pour certaines classes sociales le plus glabre possible, jusqu’au crâne. Les trichophiles n’ont qu’à bien se tenir.

La lutte contre le poil n’est donc pas constante, elle est variable à travers les âges, les cultures et les genres, voire les zones du corps.

Mon cas est apparemment grave

Pour moi, l’épilation, la dépilation ça a commencé comment ?

Et bien, à 15 ans, première sortie en boîte. J’avais une jupe longue en jean. Un mec plus âgé me critique mes mollets de footballeur aux poils drus mais blonds. C’était un choc. En plus d’être en rondeurs, en plus j’étais poilue !

Je commence donc le rasoir jusqu’aux genoux. En parallèle j’enlève les 3 poils des sourcils, les copines ne voyant même pas de différence sur cette zone.

Me mettant à la natation à haute dose, je me rase les jambes, puis épile à la pince électrique jusqu’au saignement en alternance la totalité des jambes. Je portais les maillots à la mode de l’époque : le maillot alerte à Malibu, hyper échancré. J’épile ce qui dépasse du maillot : en deux minutes c’est fait à la pince à épiler.

La nature m’étant pourvu de façon artistique, les zones supposées denses le sont peu… Au niveau du visage, un peu d’hirsutisme mais blond ne me dérange pas plus que ça jusqu’à la trentaine. Je m’énerve juste avec quelques poils droits et longs, mais souvent blonds que j’arrache aux doigts comme une manie anxieuse.

A ma première grossesse, des poils moches apparaissent le long de l’intérieur des cuisses : vive le chamboulement hormonal. Je lis dans les ouvrages spécialisés que si on leur fout la paix, ils partiront…. C’est beau en théorie. Mais dans la pratique, les nomades sont devenus sédentaires. Des poils genre pubiens au milieu d’une pilosité blonde font tâche. En accouchant, sans me demander mon avis, l’aide soignante par prévention d’acte chirurgical passe un bic à vif sur ma toison. Je l’ai vécu comme un acte de violence obstétrical. Mes précieux et rares poils sur ma zone intime ! En plus j’ai saigné…. Et bien ça ne repousse pas aussi doux, ça gratte cette affaire-là. A mon deuxième accouchement je le fais consigner dans mes souhaits de ne pas toucher cette zone sans besoin chirurgical. Je suis écoutée.

Ah, je n’ai pas parlé de mes aisselles. Et bien, la variabilité de mes envies et de la météo laissent vivre ou pas cette zone pas très développée. Personne ne m’a jamais fait de remarques à ce sujet. Tout y est passé :

– épilation à la cire, à la pince électrique, au flash, à la pâte orientale

– dépilation à la tondeuse électrique, chimique

– rasage manuel et électrique

Le piège réside quand même que nos mères et grand-mères se sont bien cachées pour s’épiler les poils au menton et de nous le dire que ça fleurirait l’âge avançant. L’arnaque quand même.

Les difficultés des personnes transexuelles

Que ce soit dans un sens de transition ou l’autre, la pilosité aide à s’identifier au genre ressenti :

  • des femmes trans qui se débarrassent à tout va de leurs poils quand elles sont out. Quand elles sont en couple et qu’elles le vivent cachées elles en souffrent. Certaines passent le cap de raser le torse et aisselles en prétextant sagement que leur partenaire préfère pour se justifier.

  • Des hommes trans qui rasent provisoirement pour rendre la repousse plus dense et dru aux mâchoires et qui désespèrent d’un torse trop lisse…. Du coup raser les jambes, stopppppppppp !

Bien sûr c’est une généralité, il y a autant d’histoires et de relations à la pilosité que de personnes. C’est surtout pour souligner la souffrance que peut engendrer la présence ou l’absence du poil.

Certaines zones liées aux caractéristiques secondaires sexuelles sont communes donc en ça, la gêne n’est présente que dans le passage et la gaieté de leur venue avec l’acné version calculette pour certains élus du saint bouton (non je ne parle pas du clitoris, du tout) vers l’âge adulte.

La sexualité et des poils

Donc la pré-puberté puis la puberté marquent le pas sur les poils et la modification du corps.

De nos jours les standards ont changé avec :

  •  la notion d’épilation et d’hygiène. Ce qui est faux. Maintenant en pré-opératoire, on dépile, c’est-à-dire qu’on laisse un poil court. Ce qui dérange c’est la possibilité qu’un poil couvert de microbes s’insinue dans la plaie et provoque une infection potentielle. C’est tout. On a arrêté le rasage car il y a micro-saignements, ce qui n’est pas sain non plus avec risques d’infection en milieu hospitalier par ces plaies.
  • on ne rase pas une zone avant des rapports à moins de 48 heures d’une nouvelle rencontre pour les risques sanguins d’IST pour les mêmes raisons.
  • le porno expose des sexes lisses, symétriques, gros faisant croire que c’est la norme.
  • les aisselles et pubis poilus captent et diffusent les messages olfactifs des hormones sexuelles que l’on produit en tant que mammifères : les phéromones. Il n’y a donc pas d’injonctions à enlever ce qui vous plaît, ou pas.

Par contre, un scandale a eu lieu en 2011 avec une célèbre marque qui voulait sous-entendre qu’avoir du poil de façon assez explicite c’était mal. Les associations ont sorti le carton rouge, à raison. Je vous laisse juger par vous même l’injonction qu’on mettait sur les adolescentes :

Derniers conseils : le plus important, dans l’hygiène du poil n’est pas sa présence ou son absence, c’est sa propreté. Pour les personnes qui trouvent qu’elles sentent poilues, tentez de moins en moins utiliser de gel douche et déo mais passer au savon traditionnel et passer par des méthodes plus traditionnelles tels que le concombre, l’aloe vera ou la pierre d’alun naturel.

Et vous, quelle est votre relation à votre pilosité ?

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