dimanche détente, kamarel

Procrastiner a du bon

Pourquoi ne pas culpabiliser à glander

Glander, profiter, buller : ce sont des verbes très actifs pour une activité qui ne l’est pas. La procrastination, dont on en vante le mérite par une journée mondiale le 25 mars.

D’où vient ce mot bien savant ? C’est l’art de remettre à demain ce qu’on pourrait faire le jour même. Et Chiche qu’aujourd’hui je lève un peu les pouces et me contente que de l’essentiel ?

Procrastiner veut dire qu’on met en avant demain. Ok ! Et donc ? Si pour une personne qui travaille régulièrement, le fait de reporter à demain pouvait lui faire du bien dans une société où toute la journée doit être remplie de salariat, des transports, des courses, des rendez-vous à prendre, de faire le taxi pour les enfants, du sport car c’est important et bon pour la santé, le ménage. Et, et, et…. Quelle est la place pour l’imprévu, la rêverie, le hasard ?

La procrastination est seulement problématique en fait pour…. Les personnes qui ne réussissent pas à tenir l’important. Est-ce vous ? Est-ce moi ?

Et si ce petit jour de glandouille, on ne le mériterait pas un peu ? On voit ce que ça peut nous apporter.

No stress

« Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la conserver. «

Le stress ponctuel de courte durée est un véritable coup de boost, le cocktail énergétique du métabolisme pour exécuter une mission. La production de dopamine met les sens en éveil, on devient plus productif, plus créatif, le rendement augmente. On est même plus lucide. Mais c’est cool alors, non ?

Mais, il y a un mais…. Le stress qui s’installe c’est de la gangrène qui grimpe le long de la jambe.

 

A long terme, le stress continu empêche au bon sommeil, rend moins productif, modifie l’humeur. Vous pouvez même finir par avoir des problèmes de santé : fatigue chronique, irritabilité, problèmes d’immunité (pas de totem dans votre Kho Lanta) et cardiaques. On va donc éviter.

 

Le truc va donc être se poser, se reposer, couper. La glande, sans travailler, en étant là, ici et maintenant.

Pareto

Ce principe ou cette loi s’applique dans beaucoup de domaines, et complètement dans le domaine professionnel.

Qu’est-ce que ça dit cette loi de Pareto ? Lui l’a démontré vis à vis des impôts, mais cela s’applique grosso modo comme suit :

80 % de ce qui est le plus important est fait dans 20 % du temps. Seulement 20 % ! Bon il peut y avoir un décalage plus ou moins grand.

Mais en clair, quand vous avez analysé ce qui est important dans votre job, ça veut dire qu’on se perd dans des petites tâches annexes, les détails, le perfectionnisme. Et le multi-tâches.

La polyvalence est intéressante et enrichissante. Mais couplée aux tâches simultanées, on s’éparpille comme un collier de perles qui casse.

Je ne sais pas si vous avez déjà vu cette démonstration du pot à remplir ? C’est un pot vide dont on remplit de gros cailloux. Le pot est rempli ?

En fait non : on peut y glisser des cailloux plus petits. On peut le secouer encore. Est-il plein ? Pas tout à fait.

Le sable peut se glisser dans les creux…. Voyez cela comme vos tâches urgentes, importantes qui ne peuvent être différées et sont essentielles. Ensuite, les missions courantes. Et enfin nous sommes pointilleux et on fait des choses minimes, qui peuvent prendre un temps fou en mettant, grain, après grain, après grain de sable. Ce serait bête qu’un grain de sable enraye notre belle machine, mais c’est souvent le cas.

Dans la démonstration, on reprend exactement les quantités qui ont rempli le pot. Et on commence par le sable, les cailloux moyens. Et bien, à la fin il est impossible d’insérer tous les gros cailloux. Ils ne rentrent pas. En fait, ce pot c’est notre agenda, et les gros, moyens cailloux sont nos tâches, puis le sable, toutes les bricoles qui prennent notre temps, notre énergie.

Et si le problème à ne pas réussir à procrastiner n’était tout simplement pas ne pas avoir fait le tri de ce qui est essentiel à faire pour se permettre de souffler ?

On travaille sans le savoir

Je ne sais pas tout de suite dans une conversation citer un personnage de cinéma ou le titre d’une chanson. Ca revient quelques jours plus tard. Souvent en faisant autre chose.

Et à y bien réfléchir, ce moment est lié à la détente, genre se doucher, s’endormir, être au petit coin. Bref le cerveau se relâche un peu. Inconsciemment, il range, trie…. Et ouvre les tiroirs qu’on a demandé.

Glander permet ça. Surtout pour les projets où on manque d’idées. Il y a un truc qui cloche, il manque une astuce. Et bim ! L’inspiration est là, en pleine période de totale relâche. Dans ces cas-là, je le note vite-fait sur un carnet ou dans mon agenda en ligne pour éviter encore le coup du tiroir quand je me remets en plein boom d’activité.

La mémoire est magnifique. Des fois, la solution c’est lâcher prise et ne plus lutter à contre-courant en gaspillant son énergie. C’est au contraire en les rechargeant.

L’apprentissage de l’ennui

Enfant, on nous a appris l’ennui et la frustration. Ce sont deux principes essentiels pour la procrastination.

Par manque de moyens, je ne cours pas après tous les loisirs et activités de ma ville. C’est frustrant mais ça pousse à ma propre créativité.

L’ennui c’est pareil. Combien de fois, je suis sortie de devant la télé enfant, en oubliant un jeu. C’est là que l’on trouve après coup la nostalgie des jeux qu’on se créait, des expériences, des balades au hasard des lieux. Car, quoi faire d’autre ?

Si vous avez des enfants, une fois privés de connexion wifi car c’est en panne. Ils râlent, se plaignent et assez vite, la lecture, le dessin et le repos remplissent ce temps pas si long. La fatigue du soir est différente. L’activité contre la passivité.

L’ennui peut s’organiser, il permet de prendre son temps. La procrastination s’y imbrique très bien. Ses bienfaits sont multiples comme développé ici.

Non, vous n’êtes pas fainéant en faisant une sieste de temps à autre. Oui se balader et mettre ses orteils en éventail sur le transat est nécessaire quand ça fait huit mois que tous les week-ends vous rénovez la maison de campagne.

C’est ressourçant. Sinon, vous vous usez. Qui y a-t-il de mal ? Serez-vous une moins bonne personne ? En fait non, c’est votre éducation et la pression que vous vous mettez qui vous poussent. En fait cette fois-là fatigué, vous vous êtes jeté le marteau sur le pied. Bah, bravo. C’est parce que vous ne vous êtes pas autorisé un break. Ce serait différent si une canalisation avait percée. Il y a urgence. Mais là, non.

Profitez, on n’a qu’une vie. Reposez-vous, aimez, faites-vous plaisir. Vous serez plus productif après. Le cerveau aime avoir plaisir. Vous serez un.e meilleur.e ami.e, un.e meilleur.e partenaire de vie. Juste en vous détendant un peu du slip.

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